II) Les conséquences d'une avalanche

     Après une avalanche, nous pouvons constater que nombreux sont les dégâts provoqués par cette catastrophe. Ils sont à la fois importants au niveau matériel qu'au niveau humain.

 

A/ Conséquences matérielles et naturelles :

    Une avalanche provoque beaucoup de dégâts matériels. Les plus importants sont ceux causés sur les bâtiments situés en montagne. Habitations, écoles et autres constructions sont alors exposées à un risque d'avalanche lorsqu'ils sont construits en montagne.

    Les avalanches peuvent se produire sur n'importe quelle montagne. Elles emportent toutes sortes de débris, des troncs d'arbres, et changent ainsi le paysage de la montagne. Si elles se produisent dans des régions peuplées, des villages, des hommes, des animaux, peuvent être ensevelis; les voies de communication et d'eau ou d'électricité peuvent être coupées.

 

    Pour démontrer l’exceptionnelle puissance dévastatrice des avalanches, nous avons décidé de choisir un exemple concret : l’avalanche qui s’est abattue le mardi 23 février 1999 sur la petite station tyrolienne de sports d’hiver de Galtür (Alpes autrichiennes) et que la communauté scientifique spécialiste de la neige (appelé nivologie) a unanimement qualifié d’ «avalanche du siècle».

B/ Galtür, l’avalanche du siècle :

  Le village de Galtür

    Il est tout d’abord nécessaire de préciser que cette catastrophe est le résultat d’un concours de circonstances tout à fait exceptionnel car le village de Galtür est situé à plus de 200 mètres du flanc de la montagne (donc de tout couloir d'avalanche susceptible de présenter un quelconque danger déjà répertorié) et malgré toutes les mesures en matière de sécurité dont il faisait l'objet (zones constructibles, normes de solidités des bâtiments par l’emploi de béton armé par exemple) il n’a pas échappé à cette vague meurtrière.  

Les causes de l'avalanche :

    Certains détails sont assez intéressants dans l'étude de cette catastrophe exceptionnelle pour comprendre les conséquences qu'ont les avalanches sur l'environnement montagnard et notamment alpin.

    Tout d'abord on voit sur les multiples rapports sur l'avalanche de Galtür que les conditions météorologiques étaient fortement favorables à une avalanche de cette importance: en effet l'hiver 1998-1999 fut particulièrement rude (multiples chutes de neige, notamment dans les Alpes où il est tombé 4 mètres de neige par endroit, du à la rencontre rare entre une vague d'air humide venant de l'Atlantique sud avec un vent venant du Nord exceptionnellement froid) donc une neige sèche et légère (poudreuse) et par conséquent un manteau fragile, instable et dangereux.

    De plus, ces chutes subites de neige ont eu lieu suite à deux semaines de température plutôt douce pendant lesquelles s'était formée une couche de neige superficielle sous forme de « croute » particulièrement instable qui n'a cependant pas cédé sous le poids des fortes chutes de neiges qui suivirent.

    Et pour finir, les vents violents (80 à 100 km/h) qui sévirent sur le Tyrol peu avant la catastrophe, ont formé de gigantesques congères et accumulant, autour de la station Autrichienne, un manteau neigeux de 4 m de neige très instable (soit environ 17000 tonnes).

    L'avalanche eu lieu le mardi 23 février 1999 à 16 h, heure où la station était fréquentée par de nombreux touristes et skieurs, ce qui est une des raisons principales du nombre élevé de victimes. La station était coupée du reste de l'Autriche (et donc d'éventuels secours) car les routes étaient coupées pour cause de chutes de neige importantes. L'avalanche, en aérosol, dévala la pente à la vitesse de 320 km/h, emportant les 17000 tonnes de neige et ne laissant que quelques secondes aux villageois pour se protéger.

 

L' « après avalanche » :

 Une maison du village après l'avalanche

    Le bilan matériel et humain fut très important: 31 morts, plusieurs centaines de blessés et la destruction presque totale de la station. Les secours arrivèrent tard sur le site, à cause des routes impraticables et du vent qui empêchait toute intervention par hélicoptère, laissant ainsi les victimes livrées à elles même durant quelques heures (ce qui, dans le cas d'une avalanche, augmente fortement le taux de décès, les chances de survie sous la neige étant de 15 minutes à peine)



    Aujourd'hui le site de Galtür est un des plus surveillés dans tout le Tyrol. De nombreuses claies ont été implantées par le gouvernement Autrichien, ainsi qu'un mur de 300 m de long dans la vallée, qui sert de rempart aux avalanches.

Nouveau système de protection à Galtür

    Grâce à l'étude du cas de Galtür, on peut s'apercevoir que le risque d'avalanche a non seulement un impact sur le moment même de la catastrophe (morts, destruction...) mais aussi après l'avalanche (reconstruction, aménagement, protection). Non seulement à un niveau local, c'est à dire au niveau de la commune ou de la collectivité territorial, mais aussi à un niveau globale (plan de mise au norme globale du massif, plan de l'État). Une avalanche a donc un fort impact matériel et humain.

 

C/ L'avalanche de Val d'Isère :

    Un autre exemple, cette fois-ci en France: l'avalanche de Val d'Isère (10 février 1970).

Le chalet UCPA de Val d'Isère avant l'avalanche

    A 8 h du matin, le 10 février 1970, une avalanche dévale le versant de la Sassière à la vitesse de 200 km/h et traverse la vallée au fond de laquelle coule l'Isère pour finir sa course sur le versant opposé. Elle détruit sur son passage de nombreux bâtiments, dont un chalet de l'UCPA (centre aéré), alors occupé par de nombreux enfants et des accompagnateurs (140 personnes, étant donné que en cette période de l'année, la saison du ski battait son plein). 39 personnes sont tuées, 40 autres sont blessées: c'est le bilan le plus lourd en France pour une avalanche depuis 1749. Il est notamment dut au fait que, à l'époque, la zone touchée n'était pas répertoriée comme dangereuse.

 

Une d'un journal de l'époque montrant les locaux du chalet ravagé par l'avalanche

    Cette catastrophe a beaucoup changé le système de prévention Français. Ainsi, suite à cette avalanche particulièrement meurtrière, une nouvelle cartographie des zones à risques a vu le jour: ce sont les CLPA (cartes de localisation des phénomènes avalancheux), où sont répertoriés tous les couloirs d'avalanche et les zones ayant déjà connu une coulée importante, pour permettre aux autorités compétentes de prendre les bonnes décisions (notamment concernant les permis de construire).

    Ainsi, on peut voir que toutes les avalanches ont pour conséquence non seulement des destructions et des morts mais aussi et surtout des changements dans les différents éléments de protection. Mais quels sont-ils ? 

 

Troisième partie : Prévention et protection.

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