III) Prévention et protection

A/ PREVENTION

Étude météorologique :

     La­ neige est un des principaux domaines d'étude de la météorologie. Elle est étudiée, dans l'atmosphère où elle se forme et au sol où elle constitue le manteau neigeux, pour prévoir le niveau de risque d'avalanche.

     Ce type de prévision consiste en effet à évaluer la stabilité du manteau neigeux et à envisager ses potentielles ruptures. L'objectif est de fournir aux skieurs ou autres aventuriers et aux professionnels de la montagne une indication précise sur le risque d'avalanche. Ces informations sont transmises par le biais de bulletins météo et d'informations visuelles (cartes d'alerte météo, drapeaux dans les stations ).



Les différents drapeaux de signalisation et leur signification.

     Les avalanches sont des phénomènes météorologiques dangereux qui sont indiqués par les cartes de vigilance météo. Ces informations sont accompagnées de conseils pour se protéger. Les risques d'avalanches à l'échelle d'un massif ou d'une vallée sont en général bien détectées à l'avance. Cela permet à l'administration locale de prendre des mesures préventives que ce soit pour évacuer le site ou y envoyer des renforts.

     Météo-France est chargé de cette mission depuis 1970. Cette décision fut prise à la suite de l'avalanche de Val d'Isère qui a été la plus meurtrière en France.  Cette tâche est effectuée par le Centre d'études de la neige qui est une unité de recherche spécialisée basée à Grenoble et qui assure la coordination technique. Les bulletins sont rédigés par 9 centres départementaux spécialisés dans les prévisions météorologique en montagne. Mais la prévision des risques d'avalanches repose avant tout sur une collaboration entre les stations de sports d'hiver, qui relèvent des informations sur le terrain, et Météo-France qui observe les conditions atmosphériques grâce a des satellites et suit l'évolution de la neige.

     Un réseau météorologique destiné à observer les couches de neige représentant un risque à ainsi était mis en place. Il comprend 140 stations situées entre 1 000 et 2500 m d'altitude. Des pisteurs fournissent des observations deux fois par jour et une fois par semaine une description détaillée du manteau neigeux. D'autres mesures proviennent d'un autre réseau de 20 stations automatiques situées entre 1 700 et 3 100 m d'altitude.

Toutes les informations récoltées sont regroupées et comparées avec des données récoltées lors d'avalanche précédente pour créer une prévision précise et fiable pour les facilité les décisions des administrations (évacuation de village par exemple).

 

Déclenchements artificiels:

     En cas de chutes de neiges importantes, des unités spécialisées déclenchent artificiellement des avalanches à l'aide d'explosifs. Cette technique est utilisée depuis la 1ère Guerre Mondiale (pendant laquelle des soldats Autrichiens déclenchaient des avalanches pour détruire les tranchées italienne des Alpes à l'aide d'obus). Le système Gazex (mélange d'oxygène et de propane), explosif, est utilisée de nos jours pour en déclencher à des fins plus pacifiques.

     Il existe également des canons pneumatiques capables de lancer des flèches explosives à plusieurs centaines de mètres.En Suisse, on emploie le tir au lance-roquettes pour déclencher les avalanches ainsi que des lance-mines. Elles peuvent également être déclenchées par des grenades à mains, depuis un hélicoptère. 

Lance roquette utilisé en Suisse

Voir notre TP sur le déclenchement artificiel.

B/ Protection:

Les zones à risques:

     En France, chaque commune doit se doter d'un PRR ( Plan de Prévention des Risques ) qui comptabilise tous les risques menaçant la commune. En Haute montagne, les risques d'avalanches y sont alors répertoriés ( les avalanches reprenant la plupart du temps un couloir d'avalanche déjà emprunté, il est facile de prévoir où des avalanches peuvent surgir). Les constructions nouvelles dans ces zones dites « zones à risques » sont alors impossibles.

     Grâce au nouvelles technologies, aussi bien dans la rénovation des bâtiments aux bords des zones à risques que dans la recherche des victimes, les moyens de protection contre les avalanches se modernisent et deviennent plus efficaces.

Le matériel de sécurité:

     La méthode la plus efficace actuellement pour la recherche des victimes d'avalanche est l'utilisation de l'ARVA ( Appareil de Recherche des Victimes d'Avalanches) qui permet de localiser les skieurs enfouis sous la neige qui possèdent ce boîtier . En surface, l'utilisation d'une sonde permet de localiser précisément la victime. Il suffit alors de creuser pour l'extraire de la neige. On peut aussi utiliser des perches pour repérer des victimes.

     D'autres appareils ont été créés dans le but d'accroître les chances de survie des victimes. Ainsi il existe l'Airbag ABS qui évite en grande partie l'ensevelissement. Cependant, la faiblesse de cet appareil est de nécessiter une action de la victime pour le mettre en oeuvre au moment du départ de l'avalanche qui permet ainsi de repousser la neige environnante et remonter la victime à la surface de la neige, telle une bouée en milieu aquatique.  

Matériel de sécurité comprenant un ARVA, un Airbag ABS, une pelle pliante et une perche de recherche en morceaux

 

     Il existe aussi un petit dispositif qui se porte au poignet, permettant, en tirant sur une languette, de dérouler plusieurs rubans fluos d'environ 10 mètres, reliés à la victime, ce qui permet de découvrir plus rapidement les victimes de l'avalanche. Ce sont les Flash Avalanche.

 

 Un Flash Avalanche

 

     Le temps imparti pour réaliser ces trois phases de secours est d'un quart d'heure environ, ce qui signifie qu'elles doivent être menées avec une très grande efficacité pour pouvoir sauver la victime. Plusieurs équipes de sauvetages interviennent donc dans la recherche en utilisant en simultané les techniques notées plus haut. Lors des recherches de victimes à la suite d'avalanches, ces équipes de gendarmeries spécialisées, parfois accompagnés de chiens de recherche, sont dépêchés sur les lieux.

 

Éléments permettant l'arrêt ou le ralentissement des avalanches:

     En prévention des coulées, les stations peuvent implanter des claies ( barrières de bois, de métal ou simple filet de protection) pour ralentir la neige lors d'un avalanche, offrant une force de réaction contraire au mouvement de l'avalanche (= force résistante) et pour stabiliser le manteau neigeux.

 Râteliers paravalanche sous le sommet de Chamechaude (massif de la Chartreuse)

     La construction de tunnels en béton pour protéger les voies de communications (routes, voies ferrées…) permet l'accès aux stations même en cas d'avalanches ainsi que la mise en place de normes rigoureuses pour les constructions d'infrastructures de hautes montagnes permettent de limiter l'impact des avalanches dans ces milieux extrêmes.

 

Avalanche de la vallée de Chamonix passant par dessus un tunnel routier (1999) -- Archives de l'INA

     De plus, la végétation constitue un pare-avalanche naturel relativement efficace, peu onéreux, qui nécessite peu d'entretien (les conifères en particulier qui ont la remarquable capacité de pousser en altitude et de résister au froid, ces arbres poussant naturellement dans les différentes montagnes européennes) et qui peuvent être sollicités à n'importe quel moment.

 

 

Conclusion.

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